Dakar, 4 février 2026 (VIBRACTU) – Ce mercredi, à la veille du procès prévu à Rabat, les familles des supporters sénégalais détenus ont brisé le silence dans les colonnes du journal Rewmi ce mercredi. Leur inquiétude est palpable, leur colère contenue. Elles dénoncent un manque d’assistance juridique visible et surtout un sentiment d’abandon. Leur peur est simple, mais profonde : leurs parents, leurs enfants risquent gros, et rien ne semble publiquement indiquer que la Nation se tient pleinement à leurs côtés.
Il est pourtant très probable que des négociations soient en cours au plus haut niveau. Personne n’ignore que ce type de dossier se traite aussi dans la discrétion diplomatique. Mais en période de crise, ce qui ne se voit pas fragilise la confiance. Pour les familles, pour l’opinion, et même pour la perception du rapport de force, l’absence de signaux publics pèse lourd.
Le risque, lui, est parfaitement connu. Dix-sept supporters sénégalais et un ressortissant algérien doivent comparaître pour des faits qualifiés de droit commun, notamment des violences contre des agents de la force publique et des actes de vandalisme.
Le Code pénal marocain prévoit pour ce type d’infractions des peines de prison ferme allant de 2 à 5 ans, assorties d’amendes et de réparations civiles.
La liberté provisoire leur a été refusée. Le procès de ce jeudi est donc décisif.
Pendant ce temps, ou presque, personne ne semble vraiment penser à eux. Au Sénégal, la fête continue. Le trophée de la Coupe d’Afrique voyage d’institution en institution, sous les projecteurs, dans une atmosphère de célébration prolongée. Ce contraste devient gênant, presque indécent, au regard de l’urgence judiciaire qui se joue à Rabat ce jeudi.
Ce silence contraste fortement avec la mobilisation observée lors du dossier des sanctions de la CAF. À l’époque, tous les Sénégalais, comme un seul homme, s’étaient levés pour mettre la pression. Institutions, médias, opinion publique : la mobilisation avait été totale. Et le résultat est connu : un verdict d’apaisement, largement attribué à cette pression collective.
Aujourd’hui, le contexte est encore plus tendu. Le Maroc, qui conteste toujours l’issue de la CAN, a fait appel des décisions de la CAF, durci sa posture et même évoqué un retrait de la CAN féminine. Le bras de fer est réel.
Et dans ce climat, penser que Rabat fera preuve d’indulgence alors qu’il tient encore des Sénégalais entre ses mains serait une dangereuse illusion. Il faut s’attendre à tout.
À la veille du procès, une évidence s’impose : ne rien faire, ne rien montrer, c’est prendre un risque énorme. Tirer la sonnette d’alarme n’est ni une provocation ni une exagération. C’est un acte de responsabilité nationale.
Car si la mobilisation a payé hier, le silence d’aujourd’hui pourrait coûter très cher demain.


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