Dakar, 6 février 2026 (VIBRACTU) – La grève de la faim annoncée ce vendredi par les 17 supporters sénégalais emprisonnés à Rabat ne surprend pas. Elle est le fruit d’un profond sentiment d’abandon. Quand on ne se sent ni soutenu ni entendu, il ne reste parfois que le corps pour parler.
Ce geste n’est ni une provocation ni un excès. C’est un cri d’alarme, face à des reports judiciaires répétés et à une solidarité nationale jugée insuffisante.
Ces derniers jours, les familles de ces Sénégalais sont enfin sorties de leur silence. Elles dénoncent publiquement le manque d’assistance à l’endroit de leurs fils. Elles le déplorent énormément. Leur parole traduit une angoisse réelle, mais aussi une incompréhension.
Comment expliquer qu’un dossier aussi sensible semble relégué à l’arrière-plan, alors que les risques judiciaires sont lourds et connus ?
On évoque le rôle sous-terrain de la représentation diplomatique, on cite des noms, on entend les avocats, notamment Me Patrick Kabou. Mais l’élan collectif, visible et assumé, celui qui rassure les détenus et leurs proches, fait défaut. Or, dans ce type de situation, le silence public fragilise plus qu’il ne protège.
J’ai alerté très tôt. La première fois, c’était lorsque le trophée de la Coupe d’Afrique a été convoyé à Bambey, chez le président de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Fall. J’avais dit alors que l’heure n’était pas à la fête.
On ne peut pas célébrer pendant que nos enfants sont emprisonnés à l’étranger, alors même qu’ils ont pleinement joué leur rôle de supporters dans le sacre du Sénégal et l’obtention de la deuxième étoile, face au Maroc.
Je n’ai pas été entendu. La fête a continué. Certains ont estimé que ce n’était pas grave. Pourtant, comment fêter quand des supporters croupissent en détention ?
Je le dis et le redis : le Maroc ne nous facilitera pas la tâche. Le bras de fer est réel, sportif comme institutionnel. Dans ce contexte, l’inaction est un risque majeur.
Il est temps de ranger le trophée, au moins symboliquement, et de mobiliser toutes les énergies pour l’essentiel qui est la libération de nos compatriotes.
Une Nation digne sait célébrer, mais elle sait surtout se lever quand les siens sont en danger.


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