Dakar, 17 janvier 2026 (VIBRACTU) – En vue de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations, les Lions du football se sont déplacés vendredi de Tanger à Rabat. Sur place, un problème de sécurité est survenu. Le dispositif mobilisé par le comité d’organisation marocain s’est révélé insuffisant. Tous l’ont déploré. La Fédération sénégalaise l’a signalé dans un communiqué publié le soir même. Le lendemain, le sélectionneur des Lions l’a également regretté publiquement en conférence de presse d’avant-match.
Oui, ce qui s’est passé est déplorable. Mais il faut le dire sans détour : les responsabilités sont partagées. Et la Fédération sénégalaise ne doit s’en vouloir qu’à elle-même.
Après les événements graves de Kinshasa, en septembre dernier, lors des débordements au stade des Martyrs, j’avais pourtant tiré la sonnette d’alarme. Le problème était déjà clairement identifié : le nombre insuffisant d’éléments de la Brigade d’Intervention Polyvalente (BIP) mobilisés pour sécuriser les déplacements des Lions.
Des alertes ont été lancées à plusieurs reprises, notamment en perspective du déplacement suivant à Juba. Elles n’ont pas été entendues. À Kinshasa, seuls quatre éléments de la BIP ont été mobilisés. À Juba, au Soudan du Sud, ils étaient deux. Et aujourd’hui encore, pour une compétition comme la CAN, qui s’étale sur près d’un mois, avec 28 joueurs professionnels, tous des stars, comme l’a rappelé le sélectionneur, sans compter les staffs technique, médical et logistique, ni les responsables fédéraux, on reconduit le même schéma.
Quatre agents pour une délégation officielle qui dépasse largement la cinquantaine de personnes : c’est incompréhensible. D’autant plus que les moyens existent. La Fédération dispose des ressources nécessaires. Parfois même, on fait déplacer des personnes dont l’utilité réelle sur place interroge. Pendant ce temps, la sécurité, elle, reste sous-dimensionnée.
Pour une Coupe d’Afrique des Nations, la Fédération devrait pouvoir mobiliser entre 10 et 15 éléments de la BIP. C’est un minimum. Mieux vaut renforcer la sécurité que d’embarquer des figurants.
Les incidents de Rabat doivent servir de leçon. Protéger les Lions, ce n’est pas seulement préparer une finale. C’est aussi anticiper, assumer et corriger. Maintenant.


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