Finale CAN 2025 : Sénégal-Maroc (19h ce soir), duel de chiffres, d’histoire et de suprématie africaine

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Dakar, 18 janvier 2026 (VIBRACTU) – Rabat, capitale du football africain

Ce dimanche, Rabat devient le centre du football africain. À 19h (heure de Dakar), le stade Prince Moulay Abdellah accueille la finale de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations entre le Sénégal et le Maroc. Deux nations majeures du continent, les deux meilleures sélections africaines de football du moment, deux trajectoires différentes, mais une même ambition : soulever le trophée et inscrire leur nom en lettres capitales dans l’histoire de la CAN.

Un choc sans favori désigné

Sur le papier, aucun favori évident ne se dégage. Le Sénégal (2e au classement africain), champion d’Afrique 2021, n’arrive pas avec de la pression, mais avec l’autorité d’une sélection installée au sommet depuis plus de deux décennies. Les Lions de la Teranga disputent leur quatrième finale de CAN, la troisième lors des quatre dernières éditions. Une régularité qui témoigne d’une maturité collective et d’une constance au plus haut niveau continental.

Le poids des finales perdues, la force de la résilience

Cette trajectoire n’a toutefois pas été linéaire. Le Sénégal porte aussi la mémoire des rendez-vous manqués. En 2002 au Mali, une génération dorée avait échoué en finale face au Cameroun aux tirs au but, après un parcours héroïque. Cette équipe comptait dans ses rangs El Hadji Diouf, Khalilou Fadiga, Henri Camara, Aliou Cissé, Tony Sylva, mais aussi Pape Thiaw, aujourd’hui sélectionneur des Lions, ainsi que Pape Sarr, ancien international et père du néo-Lion Mamadou Sarr. Dix-sept ans plus tard, en 2019 en Égypte, le Sénégal s’inclinait une nouvelle fois au dernier obstacle, battu 1-0 par l’Algérie, malgré une sélection solide portée par Kalidou Koulibaly, Idrissa Gana Gueye, Sadio Mané et Alfred Gomis. Deux finales perdues qui ont forgé le caractère et la résilience de cette équipe, avant la délivrance historique de 2021.

Une machine offensive collective

Les chiffres confirment aujourd’hui la solidité sénégalaise. Le Sénégal possède la meilleure attaque du tournoi avec 12 buts inscrits (2 buts en moyenne par match), contre 9 pour le Maroc. Mais au-delà du volume, c’est la variété offensive qui impressionne : 8 buteurs différents, preuve d’un collectif capable de frapper à tout moment et dans tous les secteurs. Sadio Mané, Nicolas Jackson, Chérif Ndiaye et Pape Guéye comptent chacun deux réalisations. Les quatre autres buteurs, auteurs d’une réalisation chacun, sont le jeune Ibrahim Mbaye (17 ans), Habib Diallo, Iliman Ndiaye et l’imposant défenseur central Abdoulaye Seck.

Sadio Mané, trait d’union entre les générations

Un homme incarne naturellement cette équipe : Sadio Mané. Double Ballon d’Or africain, légende vivante du football sénégalais, il est aussi le meilleur passeur décisif de l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations. Son but décisif en demi-finale face à l’Égypte lui a permis de rejoindre le cercle fermé des meilleurs buteurs de l’histoire de la CAN. Au-delà des statistiques, Mané représente le lien entre les générations, entre les finales perdues et le sacre conquis.

Solidité mentale et maîtrise tactique

Les Lions affichent également une solidité mentale remarquable. En six matchs, ils comptent cinq victoires et un nul, sans jamais disputer la moindre prolongation lors des rencontres à élimination directe. Leur succès face à l’Égypte en demi-finale a confirmé la discipline tactique, la rigueur défensive et la capacité de gestion des temps faibles sous la direction du sélectionneur Pape Thiaw, ancien finaliste malheureux devenu aujourd’hui guide d’une nouvelle page de l’histoire.

Le Maroc, l’équilibre et la force du pays hôte

En face, le Maroc (actuelle meilleure sélection africaine) avance avec calme et maîtrise. Pays organisateur, porté par un public acquis à sa cause, les Lions de l’Atlas ont construit leur parcours sur l’équilibre. Avec un seul but encaissé, ils possèdent la meilleure défense du tournoi. Une solidité qui reflète une équipe patiente, disciplinée et rarement prise en défaut.

Une demi-finale éprouvante, un paramètre à gérer

Le parcours marocain reste toutefois marqué par une demi-finale éprouvante, disputée jusqu’aux tirs au but après 120 minutes. Un élément qui place le Sénégal dans une position légèrement plus favorable sur le plan de la fraîcheur physique, même si le Maroc compense par son organisation, son expérience et l’énergie de son public.

Des individualités décisives côté marocain

Sur le plan individuel, les atouts marocains sont considérables. Brahim Diaz, attaquant du Real Madrid, est le meilleur buteur de la compétition avec cinq buts en six rencontres. Achraf Hakimi, actuel Ballon d’Or africain, incarne le leadership et l’exigence du très haut niveau. El Kaabi, auteur de trois buts, et Ismaël Saibari complètent un secteur offensif efficace, les quatre joueurs ayant inscrit l’ensemble des 9 buts marocains dans cette CAN.

Deux philosophies, une seule couronne

Cette finale oppose donc deux philosophies : l’attaque collective et imprévisible du Sénégal, nourrie par l’expérience des échecs passés et la force de la transmission, face à la rigueur défensive et à l’avantage du terrain marocains.

Plus qu’un trophée, une page d’histoire

Au-delà du trophée, les enjeux sont immenses. Le Sénégal vise une deuxième étoile continentale pour confirmer son statut et refermer définitivement le cycle des finales perdues. Le Maroc, demi-finaliste du mondial 2022, lui, court après un sacre qui lui échappe depuis 1976. Deux histoires, deux attentes, une seule vérité.

Une soirée promise à l’éternité

À Rabat, ce soir, l’Afrique ne vivra pas un simple match. Elle vivra un moment de mémoire, de transmission et de vérité.
Une finale à 50-50, promise à entrer dans l’histoire du football africain.

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