Dakar, 5 février 2026 (VIBRACTU) – La Cour suprême du Sénégal a mis fin à l’interdiction de sortie du territoire qui pesait sur Mansour Faye. Saisie en référé liberté, la haute juridiction a jugé illégal l’arrêté administratif pris en avril 2025, estimant qu’il portait une atteinte injustifiée à la liberté de circulation de l’ancien ministre.
À deux reprises, Mansour Faye avait été empêché de voyager à l’aéroport international Blaise Diagne, malgré l’absence de notification formelle. Cette situation l’avait conduit à saisir la justice administrative. Le juge des référés lui a finalement donné raison, ordonnant au ministre de l’Intérieur de prendre toutes les dispositions nécessaires afin que la Police de l’Air et des Frontières ne s’oppose plus à ses déplacements.
L’avocat de l’ancien ministre, Me Amadou Sall, s’est félicité d’une décision qui consacre, selon lui, le respect des libertés fondamentales.
Mansour Faye, maire de Saint-Louis, peut désormais quitter le territoire sénégalais sans entrave, même si la procédure judiciaire engagée devant la Haute Cour de Justice suit toujours son cours.
Analyse et portée de la décision judiciaire
La décision rendue par la Cour suprême constitue un tournant important dans le dossier Mansour Faye. En annulant l’interdiction de sortie du territoire, le juge des référés rappelle un principe fondamental : aucune restriction à la liberté de circulation ne peut être imposée sans base légale claire et sans décision judiciaire formelle.
Pour l’ancien ministre du Développement communautaire, cette victoire judiciaire s’inscrit dans une série de recours favorables, alors même qu’il reste concerné par une enquête devant la Haute Cour de Justice. Les faits examinés portent sur la gestion des fonds « Force Covid-19 », notamment une commande de riz soupçonnée de surfacturation.
Sur ce plan, la procédure se poursuit et Mansour Faye demeure sous contrôle judiciaire, malgré une liberté provisoire obtenue en septembre 2025.
Sur le plan politique et symbolique, cette décision renforce la posture de l’ancien ministre, qui dénonce depuis plusieurs mois ce qu’il considère comme des mesures arbitraires.
Elle envoie également un message fort à l’administration : le respect des droits fondamentaux ne saurait être subordonné à un contexte judiciaire ou politique.
En attendant l’issue définitive de la procédure devant la Haute Cour de Justice, Mansour Faye retrouve ainsi un droit essentiel, celui de circuler librement, consacré par la Constitution sénégalaise.


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