Dakar, 14 février 2026 (VIBRACTU) – Ce fut comme un tsunami. Comme une avalanche.
L’affaire du réseau présumé d’homosexuels de Keur Massar, impliquant des figures connues comme Pape Cheikh Diallo, Djiby Dramé et d’autres, a secoué le pays. Les réseaux sociaux se sont embrasés. Les commentaires ont fusé. Un mot revenait sans cesse : « Dama rouss ». En wolof, cela signifie : j’ai honte. Ou encore : je n’en reviens pas. Ou tout simplement : ce n’est pas possible.
Ce cri traduit une déception profonde. Pas seulement contre des personnes. Mais contre une situation qui interroge toute la société sénégalaise sur la question de l’homosexualité.
Car au-delà du scandale, l’homosexualité au Sénégal est devenue un débat national. Un débat sensible. Un débat chargé d’émotion.
D’abord, il faut regarder du côté des familles.
La famille reste le premier cadre d’éducation. L’enfant grandit dans un environnement. Il observe, il écoute, il apprend. Les parents, l’entourage proche, le milieu de vie ont un rôle central. On ne peut pas déléguer l’éducation aux écrans, aux réseaux sociaux ou aux influences extérieures. Si la maison est solide, l’enfant a des repères.
Ensuite, la société doit assumer sa part.
Les religieux, les enseignants, les leaders d’opinion, les médias sont des porteurs de voix. Ils doivent parler de l’homosexualité avec responsabilité. Ni silence gêné, ni discours incendiaire. Une société mûre organise le débat sans sombrer dans la haine.
Puis vient l’État.
L’État ne peut pas rester dans l’ambiguïté. Les engagements politiques évoqués sur l’homosexualité doivent être clarifiés dans le respect des institutions et de la Constitution. Toute évolution juridique doit passer par le cadre légal. Dans une République, ce sont les textes qui tranchent, pas les émotions collectives.
Mais il faut aussi poser une limite claire :
La justice appartient aux tribunaux.
La dignité humaine ne doit jamais être piétinée.
Le choc de Keur Massar a révélé une chose : le pays est profondément divisé et profondément sensible sur la question de l’homosexualité.
Alors peut-être que le moment est venu. Non pas de crier. Mais de décider.
Décider comment encadrer le débat.
Décider comment protéger les valeurs auxquelles une majorité croit.
Décider comment faire respecter la loi.
Le « Dama rouss » entendu partout n’est pas seulement un cri d’indignation. C’est un signal.
Un signal que le Sénégal doit clarifier sa position sur l’homosexualité, avec sang-froid, responsabilité et cadre légal.
Si chacun joue sa partition – famille, société, État – le débat peut être structuré. Sinon, chaque nouvelle affaire sera un nouveau tsunami.


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