Dakar, 14 avril 2026 (VIBRACTU) – Quand on évoque le pardon, on pense presque toujours aux autres.
À ceux qui nous ont blessé(e).
À ceux qui nous ont trahi(e).
À ceux qui nous ont déçu, abandonné(e) ou fait du mal.
On parle alors de tourner la page, de ne pas rester enfermé(e) dans la rancœur, de soulager un peu son cœur.
Mais il existe un autre pardon, plus discret, plus intime, et souvent plus difficile à accorder :
le pardon envers soi-même.
Car il arrive que l’on se reproche encore certaines choses longtemps après.
D’avoir mal agi.
D’avoir blessé quelqu’un.
De ne pas avoir su poser ses limites.
De ne pas avoir eu la force de dire non.
D’avoir trop accepté.
D’avoir échoué.
Ou simplement de ne pas avoir été à la hauteur de ce que l’on attendait de soi.
Ce poids-là est souvent silencieux.
Il ne se voit pas toujours, mais il fatigue intérieurement.
Mais avec un peu de recul, on finit souvent par comprendre une chose essentielle :
à chaque étape de notre vie, nous faisons du mieux que nous pouvons.
Avec les ressources que nous avons.
Avec notre niveau de conscience du moment.
Avec notre histoire, nos peurs, nos fragilités, mais aussi avec ce que nous étions capables de comprendre à cet instant-là.
C’est à partir de ce moment que nous pouvons commencer à nous regarder avec plus de bienveillance. Parce qu’il est difficile de juger avec sévérité une ancienne version de soi à partir de la personne que l’on est devenue aujourd’hui.
Ce n’est ni juste, ni apaisant.
Se pardonner ne veut pas dire nier ses erreurs, ni refuser de voir ce qui a été maladroit ou imparfait.
Cela veut dire reconnaître que l’on était en chemin.
Que l’on apprenait.
Que l’on ne savait pas encore ce que l’on sait aujourd’hui.
Ce changement de regard apporte souvent plus de paix.
Moins de dureté intérieure.
Moins de lutte contre soi.
Plus de compréhension.
Plus de douceur.
Et paradoxalement, ce pardon-là, envers nous-même, nous rend aussi plus lucide dans notre rapport aux autres.
Car lorsque l’on comprend avec honnêteté que l’on a soi-même fait comme on a pu, on perçoit parfois plus clairement que les autres aussi agissent avec leurs limites, leur histoire et leur niveau de conscience.
Cette prise de conscience ne veut pas dire devoir tout accepter.
Cela veut simplement dire regarder l’autre avec plus de recul et plus d’humanité.
Parce qu’au fond, se pardonner, c’est revenir à quelque chose de profondément humain.
C’est arrêter d’exiger de soi une perfection impossible.
C’est faire de la place à la nuance, à l’apprentissage, à la réparation parfois.
Et si vous vous autorisiez, aujourd’hui, à ne plus vous condamner pour des gestes, des choix ou des silences d’une époque où vous faisiez simplement comme vous pouviez ?
Coach Marième Sakho


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