Dakar, 20 avril 2026 (VIBRACTU) – Mais la réalité est plus subtile.
Et si, sans le vouloir, nous regardions surtout à travers nous ?
Elle a l’air froide.
C’est ce qu’on disait d’elle.
Pas méchamment.
Mais souvent.
Dans les couloirs.
À voix basse.
Entre deux échanges rapides.
« Elle est distante. »
« On ne sait jamais ce qu’elle pense. »
« Franchement, elle met mal à l’aise. »
Alors, petit à petit, les gens ont pris leurs distances.
Sans conflit.
Sans explication.
Juste un éloignement silencieux.
Et puis un jour,
Dans un cadre différent, plus calme, plus humain,
elle a parlé.
Pas beaucoup.
Mais suffisamment pour que quelque chose se révèle et qu’on apprenne à la découvrir sous un autre regard.
Elle a raconté les déceptions.
Les trahisons.
Les moments où elle s’était ouverte et où cela s’était retourné contre elle.
Alors, sans même s’en rendre compte,
elle avait appris à se protéger.
À ne pas trop montrer.
À garder une certaine distance.
À contrôler.
Pas par froideur.
Mais par survie.
Après cet échange, tout a changé.
Pas elle.
Le regard posé sur elle.
Parce que ce que l’on voit n’est pas toujours ce qui est.
Ce que l’on interprète comme de la distance
peut être une protection.
Ce que l’on perçoit comme de la froideur
peut être une pudeur, de la timidité, de la peur.
Ce que l’on prend pour un manque d’implication
peut être une façon de garder ses distances,
pour ne pas avoir à revivre la douleur de certaines déceptions.
Et pourtant, nous jugeons vite.
Au travail.
Dans la vie.
Dans nos familles.
Et parfois même en regardant quelqu’un à la télévision.
Un visage.
Une posture.
Une énergie.
Et immédiatement :
« Elle a l’air hypocrite. »
« Elle semble compliquée. »
« Elle en fait trop… »
Sans vraiment savoir.
Sans prendre le temps de connaître.
Sans nuance.
En réalité, nous ne voyons jamais tout à fait l’autre tel qu’il est.
Nous le regardons à travers notre propre histoire :
à travers ce que nous avons vécu,
ce que nous avons peur de revivre,
ce que nous croyons être normal,
et parfois même à travers nos propres blessures, nos croyances ou nos limites.
Le vrai risque, c’est de passer à côté d’une personne qui aurait pu enrichir notre vie.
Par sa richesse.
Par sa sensibilité.
Par ce qu’une vraie rencontre aurait pu faire naître.
Tout cela à cause d’un jugement erroné.
Et si on ralentissait ?
Si on laissait un peu plus de place au doute.
Au lieu de dire :
« Elle ou il est comme ça. »
Se dire simplement : « Il y a peut-être plus que ce que je vois.
Derrière chaque apparence il y a une histoire.
Une histoire que l’on ne voit pas.
Mais qui explique souvent beaucoup plus que ce que l’on imagine.
Et parfois, la vraie rencontre commence là.
Quand on cesse de juger trop vite.
Et qu’on accepte de découvrir.
Aujourd’hui, prenez un instant :
Sur qui ai-je posé un regard sans vraiment chercher à comprendre ?
Coach Mariéme Sakho


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