(Contribution) – Au nom de la reconnaissance et du respect aux perdants de la coupe du monde de football (Par Mamadou Aïcha Ndiaye)

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Arrêtons ces vagues d’acharnement et ces actes chauvins, ces assauts d’ingratitude envers nos as sportifs après des défaites.
Des menaces de mort par-ci, des insultes, des propos grossiers, des règlements de compte par-là, ces faits sont inadmissibles sous le prisme des valeurs cardinales et universelles de partage, de solidarité et du sport.
L’olympisme, cet art philosophique de vie qui associe de manière équilibrée les qualités du corps celles de l’esprit, la culture, l’éducation, l’amour, le respect de l’adversaire, quelle que soit sa couleur, ne mérite pas que l’on déshonore ses pratiquants.

De Séoul à Johannesburg, de Tokyo à Dakar en passant par Abidjan, Berlin, Dakar, Tunis et Zagreb en Croatie, le constat est le même. Il est inhumain, ingrat et inquiétant.

Tant qu’on gagne, on chante, on pianote, on danse puis on valorise. Cependant, lorsqu’on perd, c’est à cause de X et de Y.
Adingra Emerse Faé (Côte d’Ivoire), de Suzuki , de Joshua Kimmich ou de Virgil van Dijk pour ne citer que ces joueurs icônes du football sont-ils au banquet des tocards, des fautifs que Non.

Je ne suis pas d’accord. Respectons plus ces ambassadeurs qui ont tant mouillé les maillots de nos patries.

Tout compétiteur rêve du triomphe. Son entraîneur s’investit pareillement. En ma qualité d’ancien joueur, de capitaine d’équipe, d’arbitre, de reporter sportif puis de dirigeant, parler d’un match reste une expertise. Une grosse complexité parfois s’y cache. Perdre un match ou une compétition n’est pas forcément un échec, mais une étape cruciale pour apprendre et découvrir.

Chaque compétition appelle un défi en soi. Le fait de ne pas scorer à la Coupe du monde est un poids émotionnel pour notre légende Sadio Mané. Nous devons le rassurer et le plébisciter dans sa contribution globale au jeu. Voilà toute l’intelligence émotionnelle à mobiliser, l’absurdité et la fatalité qui se cachent dans ces moments de sabordage. Les meilleurs perdent souvent.

Arrêter de massacrer PapeThiaw, Sadio Mané, Kalidou Koulibaly et autres joueurs les champions ne méritent pas cette amnésie populaire.Ils nous donné tant de bonheur et de satisfaction.
L’entraîneur de la Manchaft équipe nationale (Allemagne) est sorti par la petite porte.
Celui des Oranje (Pays-Bas), celui de la Corée du Sud, de la RDC, du Japon, tant d’autres nations sont éliminés, pourtant avec de très belles équipes, le chahut est partout grotesque. Pourquoi ?
C’est la loi du sport.

Au demeurant, disposer d’un richissime groupe très talentueux ne signifie pas forcément gagner à tout match. Non !
Oui, il a eu des erreurs dans la sélection dans les rotations, dans les interventions, dans les transitions tactico-techniques, dans l’affolement des joueurs, dans l’effondrement psychomoteur, des fautes dans les toutes dernières minutes d’un 16ème de finale de Coupe du monde de football. La raison doit prendre le dessus sur la passion.

Il faut savoir garder ses nerfs, sauvegarder un mental d’acier et un constant Fair-Play. Avant de finir, je dois avouer ma stupéfaction suite à l’égalisation de l’équipe de la Belgique de Football, abandonnant le visionnage du match pour sauver mon cœur de passionné. J’étais gêné de voir des pépites comme Ibrahima Mbaye, dépité, Lamine Camara en sanglot et Mory Diaw en désarroi.
Ouf, c’était cruel ! Nonobstant la déception et l’émotion, j’encourage mes fils, mes frères et neveux du ballon rond.

Il faut être reconnaissant, un peu plus tolérant et j’allais dire plus indulgent, car à l’instar des 19 millions d’entraîneurs d’experts critiques sénégalais, chaque Lion rêve d’aller le plus loin possible dans une compétition comme le Mondial 2026. Nous aimons notre équipe nationale de football mais évitons de blesser des héros qui ne méritent pas des zéros au bout de la campagne de New Jersey, de toronto (Canada) de Washington (Seattle).

Je demeure reconnaissant malgré la déception, puisque le succès n’est final, l’échec n’est fatal : c’est le courage de continuer qui compte.

Chers Lions, encadreurs et supporters relevons la tête et avançons. Le meilleur reste à venir.

Mamadou Aïcha Ndiaye
Journaliste

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