Dakar, 22 septembre 2026 (VIBRACTU) – Le Sénégal se prépare à un nouveau rendez-vous majeur de sa diplomatie numérique. Du 9 au 27 novembre 2026, Doha, au Qatar, accueillera la 26e Conférence de plénipotentiaires de l’Union internationale des télécommunications (UIT), instance suprême de cette agence spécialisée des Nations unies (ONU) chargée des télécommunications et du numérique.
Pour Dakar, cette échéance revêt une importance particulière. Membre de l’UIT depuis 1960, le Sénégal siège sans interruption au Conseil de l’organisation depuis 1972, soit 54 années de présence continue en 2026. Cette longévité témoigne de la place occupée par le pays dans les instances internationales chargées de définir les grandes orientations du secteur des télécommunications et du numérique.
La Conférence de Doha réunira les représentants des 193 États membres de l’UIT. Plusieurs scrutins majeurs sont prévus, notamment le renouvellement du Conseil pour la période 2027-2030. Au total, 48 États seront élus, dont 13 pour la région Afrique. Les pays candidats devront donc obtenir suffisamment de voix pour conserver ou conquérir leur siège.
Le Sénégal entend ainsi défendre une présence au Conseil qui remonte à 1972. Lors de la précédente Conférence de plénipotentiaires, organisée en 2022 à Bucarest, en Roumanie, le pays avait recueilli 137 voix, terminant à la septième place parmi les 17 candidatures africaines pour 13 sièges disponibles.
Cette performance était venue confirmer une stratégie diplomatique menée sur plusieurs années. En 2022, la campagne sénégalaise avait mobilisé plusieurs composantes de l’État, notamment le ministère chargé des Télécommunications, l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP), la Présidence de la République, la Primature et le ministère des Affaires étrangères, entre autres. Les délégations sénégalaises avaient multiplié les rencontres bilatérales et les échanges avec les représentants des différents États membres.
À Doha, cette mobilisation devra être renouvelée. Au-delà des acquis diplomatiques, le scrutin reposera sur un principe essentiel : obtenir le soutien du plus grand nombre de pays de la région Afrique. Les contacts diplomatiques, les relations bilatérales, les forums internationaux et les rencontres techniques constituent autant d’espaces où se prépare ce type d’élection.
La PP-26 ne portera cependant pas uniquement sur le Conseil. Les États membres éliront également le Secrétaire général, le Vice-Secrétaire général et les directeurs des trois bureaux de l’UIT, consacrés respectivement aux radiocommunications, à la normalisation des télécommunications et au développement des télécommunications. Douze membres du Comité du Règlement des radiocommunications seront également élus.
Les travaux de Doha devront par ailleurs définir les grandes orientations stratégiques et financières de l’organisation pour les prochaines années. Les discussions concerneront notamment la réduction de la fracture numérique, la connectivité, la gestion des fréquences, les normes technologiques, la cybersécurité et l’accès à des services numériques abordables et sécurisés.
Pour le Sénégal, l’enjeu est donc de taille : préserver une présence au Conseil de l’UIT entamée en 1972 et prolonger une continuité de 54 ans, tout en continuant à défendre ses intérêts dans les grandes décisions qui façonnent la gouvernance numérique mondiale.
Après plus d’un demi-siècle de présence au sein de l’organisation, le rendez-vous de Doha constituera une nouvelle étape pour la diplomatie sénégalaise. À quelques semaines de l’ouverture de la conférence, le compte à rebours est désormais lancé.


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