(Hommage) – Victor Ciss, le discret serviteur du sport sénégalais s’en est allé (Par Boubacar Kambel DIENG)

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Dakar, 30 sept. 2026 (VIBRACTU) – Il y a des disparitions qui plongent une famille dans la douleur. Et puis, il y a celles qui provoquent un silence particulier dans tout un milieu, parce que l’homme qui s’en va avait, au fil des années, tissé des liens avec presque tous ceux qui l’animent. La disparition de Victor Sèh Ciss est de celles-là.

Rappelé à Dieu dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 septembre 2026, des suites d’une longue maladie, l’ancien Directeur de Cabinet du ministre des Sports et ancien Secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football (FSF) laisse derrière lui une immense tristesse dans le monde du sport sénégalais.

Depuis l’annonce de son décès, les témoignages se succèdent. Ils viennent d’anciens dirigeants, de sportifs, de cadres du ministère des Sports, de journalistes sportifs et de tous ceux qui ont eu, à un moment ou à un autre, le privilège de travailler à ses côtés. Et, malgré la diversité des parcours, un même sentiment revient : Victor Ciss était un homme que l’on n’oubliait pas.

Pendant seize ans, de 2009 à 2025, il a été le Secrétaire général de la FSF sous la présidence de Me Augustin Senghor. Seize années au cœur du football sénégalais, au cours desquelles il a accompagné les grandes évolutions de la discipline.

Pour Me Augustin Senghor, qui fut son président pendant toute cette période, Victor était bien plus qu’un collaborateur. « Je perds en Victor un collaborateur émérite, un ami et un grand frère », témoigne-t-il, profondément marqué par cette disparition.

Au ministère des Sports également, son départ réveille de nombreux souvenirs. D’anciens collègues racontent un homme avec lequel les années de travail avaient fini par devenir des années d’amitié. L’un d’eux évoque « un homme bien », attaché aux valeurs, tandis qu’un autre se souvient d’un cadre qui connaissait les dossiers et savait rester proche de ceux qui l’entouraient.

Les journalistes sportifs qui l’ont côtoyé gardent eux aussi une mémoire particulière de Victor Ciss. Pour eux, il était cet interlocuteur disponible, accessible et toujours disposé à faciliter les échanges. Certains se rappellent de conversations, d’autres de petits gestes devenus, avec le temps, de précieux souvenirs.

Un ancien collaborateur raconte ainsi comment Victor lui réservait régulièrement des billets lors des matches de l’équipe nationale, un rituel qu’il avait continué jusqu’à ce que la maladie l’en empêche. Un détail en apparence, mais qui résume peut-être mieux que de longs discours l’homme qu’il était : quelqu’un qui pensait aux autres.

Juriste de formation, spécialisé en droit du sport après une formation à l’Université de Limoges, Victor Ciss avait également une solide connaissance des questions sportives et institutionnelles. Mais ceux qui l’ont fréquenté retiennent moins ses titres que sa manière d’être.

Il était de ces hommes qui travaillaient beaucoup sans chercher à être vus. De ces responsables dont le nom apparaissait rarement à la une, mais dont la présence était essentielle dans les coulisses. Un homme de l’ombre, oui, mais une ombre qui rassurait, qui conseillait et qui servait.

Sa disparition est d’autant plus douloureuse qu’elle intervient quelques mois seulement après celle de son épouse Jeanne, qui l’avait précédé dans la mort.

Aujourd’hui, Victor Ciss n’est plus là pour répondre au téléphone, accueillir un collègue, échanger avec un journaliste ou accompagner un dossier. Mais les souvenirs, eux, restent. Et ils sont nombreux.

Le football sénégalais perd un ancien Secrétaire général. Le ministère des Sports perd un de ses cadres. La presse sportive perd un interlocuteur. Mais derrière toutes ces fonctions, c’est surtout un frère, un ami, un collègue et un homme de cœur que beaucoup pleurent aujourd’hui.

À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons.

Repose en paix, cher Victor. Le sport sénégalais se souviendra de toi.

BKD…

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