LFR 2026 : rejet en commission, le bras de fer au sommet de l’État se poursuit entre l’exécutif et l’Assemblée nationale

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Dakar, 24 oct. 2026 (VIBRACTU) – Le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026 a essuyé un premier revers à l’Assemblée nationale. Vendredi 23 octobre, la Commission des Finances et du Contrôle budgétaire a rejeté le projet de loi n°40/2026 ainsi que les deux amendements proposés par le gouvernement. Ce vote intervient après les menaces du Premier ministre Ousmane Sonko, qui avait annoncé le refus de Pastef-Les Patriotes de soutenir le texte en l’état.

Au cœur du désaccord figurent la baisse des dépenses sociales et des investissements publics, la réduction annoncée de 30 % des subventions sur le diesel, ainsi que les exigences de transparence sur les fonds spéciaux et la dette publique. Les ministres Cheikh Diba, chargé de l’Économie et des Finances, et Bassirou Sarr, chargé du Budget, n’ont pas réussi à convaincre les membres de la commission.

Ce rejet ne clôt cependant pas la procédure parlementaire. Le texte doit encore être examiné en séance plénière, prévue le mardi 27 octobre à 10 heures.

Face à ce blocage, le gouvernement dispose de plusieurs options constitutionnelles. En vertu de l’article 86, alinéa 6, le Premier ministre peut, après délibération du Conseil des ministres, engager la responsabilité du gouvernement sur le projet de loi de finances. Le texte est alors considéré comme adopté, sauf si une motion de censure déposée dans les 24 heures est votée. Une telle motion, soumise à des conditions strictes, entraînerait la démission du gouvernement si elle était adoptée. La Constitution interdit son dépôt une seconde fois au cours de la même session.

L’article 68 prévoit également des mécanismes applicables lorsque le délai constitutionnel de 60 jours pour le vote du projet de loi de finances expire sans adoption définitive. Leur application à cette LFR doit toutefois être examinée avec prudence. En cas de démission du gouvernement, le président Bassirou Diomaye Faye pourrait nommer à nouveau Ousmane Sonko ou choisir un autre Premier ministre. La reconduction de l’équipe sortante resterait une décision politique, et non une obligation constitutionnelle.

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