(Portrait) – Me Moussa Sarr, le visage d’une justice plus humaine au Sénégal (Par Boubacar Kambel DIENG)

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Dakar, 5 nov. 2026 (VIBRACTU) – Depuis sa nomination le 1er juin dernier à la tête du ministère de la Justice, Maître Moussa Sarr multiplie les initiatives pour faire évoluer certaines pratiques judiciaires au Sénégal. Avocat inscrit au Barreau du Sénégal depuis 2000, il compte plus de 25 ans d’expérience dans le droit des affaires et le contentieux judiciaire.
Ancien président de l’Association des jeunes avocats du Sénégal, il a conseillé des entreprises, des institutions et des particuliers, tout en intervenant dans plusieurs affaires devant les juridictions nationales et internationales. Cette longue expérience du monde judiciaire constitue un élément important de son parcours à la tête du ministère de la Justice.
En quelques mois, le Garde des Sceaux a pris trois décisions importantes touchant directement aux droits des citoyens, à la dignité des détenus et au fonctionnement de la justice.

La première concerne les fouilles à nu dans les prisons. Le 10 août 2026, une note de service de l’Administration pénitentiaire, prise sous l’autorité du ministère de la Justice, a mis fin à leur caractère systématique lors de l’admission des nouveaux détenus. Désormais, les agents doivent privilégier des méthodes moins intrusives, en laissant notamment les sous-vêtements aux personnes contrôlées. La fouille intégrale reste toutefois possible à titre exceptionnel, en cas de risque avéré pour la sécurité ou de présomption précise d’infraction. L’objectif est de concilier sécurité carcérale et respect de la dignité humaine.

Deuxième initiative, la circulaire du 10 juillet 2026 sur la détention provisoire. Face à la surpopulation carcérale, Me Moussa Sarr demande aux procureurs de rationaliser le recours aux mandats de dépôt. Il préconise notamment de privilégier les mises en liberté lorsque les garanties de représentation sont suffisantes, de développer le bracelet électronique et d’accélérer le traitement des dossiers judiciaires. Il demande également que les litiges relevant exclusivement du droit civil ou commercial ne donnent pas lieu à des mesures de contrainte pénale. Une orientation destinée à éviter que la prison devienne une réponse automatique à certains conflits.

La troisième décision, la plus récente, annoncée le 4 novembre, concerne les convocations policières. Dans une circulaire, le ministre demande la fin de la formule « Affaire vous concernant ». Désormais, les convocations doivent préciser la nature de l’affaire, les faits ou l’infraction concernés. Les témoins et les victimes doivent également connaître la qualité au titre de laquelle ils sont convoqués. Il s’agit de permettre aux citoyens de préparer leurs explications et, s’ils le souhaitent, de solliciter l’assistance d’un avocat, sans pour autant remettre en cause le secret de l’enquête.

Ces trois décisions valent à Me Moussa Sarr de nombreux témoignages de satisfaction. Aux yeux de nombreux Sénégalais, le Garde des Sceaux bénéficie d’une très bonne image. Son approche, fondée sur le respect des droits humains, la dignité et la considération due à chaque personne, est favorablement accueillie. Il se positionne progressivement comme un ardent défenseur des libertés individuelles et de la dignité humaine. Une orientation qui contribue à renforcer son capital de sympathie auprès de ses compatriotes.

Mais le véritable défi reste celui de l’application. Le respect des circulaires nécessitera un suivi rigoureux dans les prisons, les commissariats, les brigades de gendarmerie et les parquets. Il faudra aussi évaluer leurs effets sur les conditions de détention, les délais judiciaires et les droits des citoyens.

Au-delà des annonces, c’est donc sur leur traduction concrète dans le quotidien des Sénégalais que sera jugée l’action du Garde des Sceaux.

Boubacar Kambel Dieng

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