Dakar, 4 nov. 2025 (VIBRACTU) – Dans la délégation sénégalaise qui s’envole ce mardi pour les Championnats du monde de tir sportif, prévus du 6 au 15 novembre au Caire, une seule femme se distingue parmi les sept athlètes retenus. Elle s’appelle Sokhna Niang, licenciée au club Keew.
Son parcours est celui d’une femme de précision, de patience et de constance, qui a su se tailler une place dans un univers encore très masculin.
Tout a commencé en 2015, presque par hasard. À l’époque, Sokhna pratiquait le karaté, un sport d’équilibre et de concentration. C’est Babacar Guéye, président du club Keew, qui a perçu en elle un potentiel hors du commun.
Ce dernier savait que Sokhna faisait du karaté. Il a tout de suite senti qu’elle avait la rigueur, la discipline et la stabilité d’esprit nécessaires pour le tir sportif. Il l’a encouragée à essayer, et dès ses premiers tirs, Babacar a compris que sa protégée irait loin.
Dix ans plus tard, la jeune femme s’impose comme championne du Sénégal toutes catégories confondues, un titre qu’elle conserve depuis plusieurs années. Pour Babacar Guéye, cette progression est le fruit d’un travail silencieux mais acharné.
« Sokhna a énormément progressé. Au début, elle doutait beaucoup d’elle-même, mais elle a su transformer ses doutes en force. Elle a longtemps évolué dans l’ombre des podiums, sans jamais se décourager. Et c’est justement dans cette ombre qu’elle a forgé sa lumière. Sa régularité, sa rigueur et son amour du tir sportif en font aujourd’hui une référence. Elle est sérieuse, appliquée et ne manque jamais un entraînement. Au-delà du sport, c’est une personne d’une gentillesse rare », confie Babacar.
Sokhna, elle, parle avec modestie de ce chemin parcouru : « C’est à travers lui que j’ai découvert le tir. Il m’a formée, encouragée et, comme tous les tireurs du club Keew, il a toujours été présent à mes côtés. »
Depuis ses débuts, elle a participé à trois championnats d’Afrique. En 2017, elle découvre la scène continentale. Deux ans plus tard, à Alger, elle décroche une médaille de bronze individuelle au 25 mètres. En 2023, elle atteint la finale des huit meilleures tireuses d’Afrique, confirmant ainsi son statut d’élite.
Aujourd’hui, Sokhna retrouve le Mondial, qu’elle avait déjà connu en 2019 à Munich. À quelques heures de son départ pour le Caire, elle mesure l’importance de ce rendez-vous.
« Participer à des compétitions internationales m’a beaucoup aidée à gérer la pression et à comprendre les exigences du haut niveau. Mon objectif est de bien représenter le Sénégal. Ce ne sera pas facile, mais je reste confiante. »
Seule femme au milieu de six hommes, Sokhna Niang incarne la force tranquille du tir sportif sénégalais.
Dix ans après ses débuts, elle s’apprête à vivre un nouveau chapitre de sa carrière, portée par la détermination, la foi et le rêve de tout un pays.
Et si, cette fois, la lumière du monde venait récompenser celle qui, patiemment, a su viser juste dans l’ombre.


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