Commentaire -Dakar, 13 janvier 2026 (VIBRACTU) – La sortie publique de la Fédération sénégalaise de football (FSF) lundi sur la question des lasers et des fumigènes pose un vrai problème de communication. Sur le fond, l’appel à la discipline est légitime. Mais sur la forme et le timing, la démarche apparaît maladroite.
D’abord, ce type de rappel relève normalement de la CAF, organisatrice de la compétition et garante de la sécurité dans les stades. En prenant les devants, la FSF donne l’impression de s’approprier la paternité des dérives liées aux lasers et aux fumigènes, comme si les supporters sénégalais en avaient l’exclusivité.
Or, ce n’est ni juste ni conforme à la réalité du football international.
Ensuite, cette communication attire inutilement l’attention sur les supporters sénégalais, à la veille d’un match à très fort enjeu face à l’Égypte.
Le risque est réel. Le jour J, si des lasers ou des fumigènes apparaissent dans les tribunes, y compris du côté égyptien, la responsabilité pourrait être rapidement imputée au Sénégal, surtout après un tel communiqué.
En cas de sanctions, ce sont encore les Lions et leurs supporters qui pourraient payer le prix fort.
Il fallait donc savoir raison garder. Le Sénégal est présenté comme grandissime favori, et se mettre une pression supplémentaire avant une demi-finale décisive n’était ni nécessaire ni opportun. Ce sujet pouvait être géré de manière plus discrète et plus efficace à Tanger, en interne, à travers les responsables des supporters et la délégation officielle, plutôt que par une communication publique exposée.
En football de haut niveau, la maîtrise de la communication est aussi importante que la maîtrise du jeu.
Parfois, le silence stratégique vaut mieux qu’un message mal calibré.


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