LA CHRONIQUE DE BKD (31e Numéro) – Président Abdoulaye Fall, COMEX de la FSF : Pape Thiaw a joué son match, à vous de jouer le vôtre

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Dakar, 23 janvier 2026 (VIBRACTU) – Le Sénégal a gagné la CAN sur le terrain, mais aujourd’hui, la fête doit s’arrêter. Le contexte a changé. Le football sénégalais est désormais entré dans une zone de turbulences où chaque minute de silence peut coûter cher.
Déjà, des discours circulent, des accusations s’installent, et le Sénégal est progressivement présenté comme coupable avant même qu’une quelconque sanction ne soit prononcée. Cette situation est grave. Et elle exige une réaction immédiate.

Président Abdoulaye Fall, vous dirigez aujourd’hui la Fédération sénégalaise de football. À ce titre, vous êtes attendu. Vous et l’ensemble de votre COMEX ne pouvez plus rester dans l’ombre pendant que le pays est jeté en pâture dans l’opinion internationale.
Gianni Infantino, président de la FIFA, s’est exprimé rapidement, sévèrement, sans nuance. La CAF prépare des décisions. Une plainte a été déposée par la Fédération marocaine de football. Des journalistes français et occidentaux accusent le Sénégal. Dix-huit de nos compatriotes sont toujours en détention à Rabat.

Et pourtant, aucune sanction officielle n’est encore tombée. C’est précisément maintenant qu’il faut agir. Pas après.

Lors de cette finale, le sélectionneur Pape Thiaw a montré du courage. Dans un contexte électrique, face à ce qu’il estimait être une injustice manifeste, il a demandé à ses joueurs de ne pas reprendre le match et de regagner les vestiaires. Ce geste fort, assumé, était un acte de protection de ses hommes et de contestation face à une situation qu’il jugeait intenable. Qu’on l’approuve ou non, Pape Thiaw a joué son match. Et il l’a gagné. Il a remporté sa Coupe.
Aujourd’hui, le relais doit être pris par les dirigeants. Aux fédéraux maintenant de jouer leur match.
Et leur match est clair : préparer la défense du Sénégal.

Le Sénégal ne doit pas se défendre quand le verdict sera déjà écrit. Il doit se défendre avant. Rassembler les images, les rapports, les témoignages, les chronologies. Documenter les décisions arbitrales controversées, les pressions exercées, les conditions sécuritaires, le comportement des stadiers, des ramasseurs de balles, l’atmosphère générale autour du terrain. Construire un dossier solide, lourd, irréfutable. C’est cela, le match qui se joue aujourd’hui.

L’histoire du football prouve que cette stratégie fonctionne. Le 14 octobre 2014, lors du match Serbie-Albanie en éliminatoires de l’Euro 2016, la Serbie est lourdement sanctionnée après des incidents majeurs. Mais la fédération serbe, soutenue par l’État, conteste, argumente, mobilise. Résultat : certaines sanctions sont revues et atténuées.
À la CAN 2006, la Côte d’Ivoire et le Cameroun, déjà sanctionnés après des débordements, parviennent à faire réduire les mesures initiales grâce à une défense institutionnelle ferme. À la CAN 2017, l’Égypte et le Ghana, également sanctionnés, obtiennent des aménagements après intervention directe de leurs dirigeants.
Même des clubs comme le PSG en 2015, Chelsea en 2021 ou l’Ajax ont réussi à faire reculer ou alléger des sanctions européennes déjà actées.

Dans tous ces cas, les sanctions existaient déjà. Et pourtant, elles ont été réduites, corrigées, parfois annulées. Ici, il n’y a encore rien d’officiel. Alors pourquoi perdre du temps ?

Des voix respectées se sont élevées. Des journalistes sénégalais, certains anciens internationaux africains de renom, Samuel Eto’o Fils, Yaya Touré ont dénoncé l’acharnement sur le Sénégal et appelé à l’équité et au discernement. C’est important. Mais ce n’est pas suffisant. Ce combat ne peut pas être mené par des individualités. Il doit être porté par l’institution.

Président Abdoulaye Fall, COMEX de la Fédération Sénégalaise de Football, l’heure est au rassemblement, à la stratégie, à la défense du drapeau national.
La CAN est gagnée. Maintenant, il faut gagner l’après-finale.

Parce que si le Sénégal ne parle pas aujourd’hui, demain, il subira. Et là, il sera trop tard pour dire que tout était prévisible.

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