Dakar, 30 janvier 2026 (VIBRACTU) – Monsieur le Président de la République,
Le Sénégal a remporté la Coupe d’Afrique des Nations. Une victoire méritée, historique, qui a fait vibrer tout un peuple. Les Lions ont honoré le drapeau, porté haut nos couleurs et inscrit leur nom dans l’histoire du football africain. Mais aujourd’hui, au-delà du trophée, une exigence morale s’impose à la Nation.
Car pendant que les manifestations festives se poursuivent, 17 Sénégalais demeurent détenus à Rabat, dans l’attente de leur procès prévu le 5 février prochain, à la suite des incidents survenus lors de la finale. Dix-sept compatriotes privés de liberté. Dix-sept familles éprouvées. Dix-sept foyers plongés dans l’angoisse.
La présentation du trophée au stade Léopold Sédar Senghor ce vendredi sur initiative de la ministre des Sports, après son passage à Bambey chez le président de la FSF et à Rufisque avec le patron de la Ligue Pro, a ravivé un malaise réel dans l’opinion. Certes, il faut saluer le fait que la Fédération semble avoir entendu le message et amorcé une inflexion. Mais le moment appelle désormais un signal fort, clair et rassembleur.
Dans ce contexte, la décision du 12e Gaïndé mérite d’être saluée. En gelant toutes ses activités en attendant la libération de ces Sénégalais, le mouvement a fait preuve de sagesse, de responsabilité et de patriotisme. Son président, Seydina Issa Laye Diop, resté à Rabat au chevet de ses protégés, incarne cette solidarité silencieuse mais essentielle. C’est cette attitude qui honore le sport sénégalais.
Monsieur le Président de la République, vous êtes le garant de l’unité nationale. Aujourd’hui, cette unité passe par la retenue. Il est temps de siffler la fin de la récréation et de suspendre toutes les manifestations festives liées à la présentation ou à la célébration des trophées, au moins jusqu’à l’issue du procès de ces 17 compatriotes. Non pour nier la victoire, mais pour respecter l’humain.
Il est également légitime d’en appeler à tous les sportifs, toutes disciplines confondues, tous bords confondus, à se mobiliser. À dire non. À dire stop à ces festivités. À rappeler que le sport sénégalais ne peut pas célébrer quand certains de ses enfants souffrent loin de chez eux.
Aujourd’hui, l’acte le plus fort ne serait pas de brandir une coupe, mais d’être au chevet de ces Sénégalais, d’aller vers leurs familles, de leur remonter le moral, de leur dire qu’elles ne sont pas seules.
Un pays se juge à sa capacité à ne jamais abandonner les siens.
Le jour où ces 17 Sénégalais rentreront au pays, libres, alors la fête reprendra. Pleine. Digne. Collective.
Monsieur le Président Diomaye, l’Histoire retiendra aussi les silences et les choix.
Et parfois, la plus grande victoire est celle de la solidarité.


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