(Football) – Équipe nationale du Sénégal : Attention à une dérive silencieuse (Par Adama Kane)

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(Contribution) – L’équipe nationale du Sénégal a toujours été bien plus qu’un simple rassemblement de joueurs. Elle incarne un symbole fort : celui de l’unité nationale, au-delà des appartenances ethniques, religieuses ou sociales. C’est cette force collective qui a forgé ses plus grandes heures et consolidé le lien entre les Lions et leur peuple.
Cependant, un glissement subtil mais préoccupant semble s’installer au sein de la tanière. De plus en plus, certaines attitudes laissent entrevoir des considérations confrériques qui n’ont pas leur place dans un cadre censé être neutre et fédérateur.

La récente célébration du joueur Abdoulaye Seck, aux côtés de son coéquipier El Hadj Malick Diouf, après son but contre la Gambie, mérite réflexion. Si ces gestes peuvent paraître anodins pour certains, ils peuvent aussi prêter à confusion et alimenter des interprétations qui fragilisent l’esprit d’unité. Une équipe nationale ne doit en aucun cas devenir le terrain d’expression d’appartenances particulières, au risque de créer des lignes de fracture invisibles mais profondes.

L’histoire récente devrait pourtant nous servir de leçon. L’épopée de 2002, aussi glorieuse fût-elle, n’avait pas été épargnée par des tensions internes liées à des rivalités confrériques. Ce qui relevait au départ de simples croyances personnelles avait fini par déborder, nourrissant des fractures entre confréries, puis au sein même de la population. Chacun en venait à attribuer les succès de l’équipe à son propre marabout, transformant un élan national en compétition identitaire.

Aujourd’hui, il est impératif de tirer les enseignements du passé. La force des Lions réside dans leur capacité à transcender les différences, à incarner une seule et même nation, un seul peuple, un seul drapeau. Toute dérive, aussi minime soit-elle, doit être anticipée et encadrée avec responsabilité.

Préserver la cohésion de l’équipe nationale, c’est préserver un pilier de notre unité nationale. Il ne s’agit pas de nier les croyances individuelles, mais de veiller à ce qu’elles restent dans la sphère privée. La tanière doit demeurer un espace neutre, exclusivement dédié à la performance, à la discipline et à l’intérêt supérieur de la nation.

Il en va de notre responsabilité collective d’alerter, de prévenir et d’agir, avant que les fissures ne deviennent des fractures.

Adama KANE
Richard-Toll

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