(Contribution) – Reconnaître la valeur de l’autre : la sagesse wolof face aux dérives politiques (Par Ajaa Maryeem Diop)

Views
IMG 20260731 WA0001

« Loo bèñ bèñ njombor, nangul ni nopp yi guddu na té itam mën naa daw. »
Ce dicton wolof signifie en français : « Même si tu es l’ennemi du lièvre, tu dois reconnaître qu’il a de longues oreilles et qu’il court très vite. »

Les proverbes africains illustrent parfaitement un vaste pan linguistique, sociologique et culturel de notre patrimoine littéraire, riche d’enseignements, à l’instar des fables de Jean de La Fontaine que nous avons, hélas, délaissées, oubliées ou insuffisamment transmises.

Transposé dans le champ politique, lieu par essence d’expression des tares humaines, ce dicton met en lumière l’un des plus grands maux de notre siècle : le refus de l’acceptation.

Il nous enseigne :

  • L’acceptation de soi et des autres, malgré leurs défauts et imperfections ;
  • L’acceptation de nos différences, car rien dans cet univers n’est semblable ;
  • L’acceptation d’un plus grand que soi, guide et protecteur face à nos vulnérabilités, visibles ou cachées ;
  • L’acceptation de la grandeur d’autrui et la capacité à s’y soumettre, car la soumission n’est ni faiblesse ni passivité, mais une force intérieure capable de faire taire l’ego ;
  • L’acceptation de nos limites de connaissance, comme le rappelait Kant, et de nos limites tout court ;
  • L’acceptation de notre destin et de celui des autres, sans sombrer dans le fatalisme ni le déterminisme ;
  • L’acceptation du droit d’aînesse, du devoir et de nos missions de vie, parfois éphémères, parfois sacerdotales ;
  • L’acceptation du lien qui nous unit dans la conscience humaine, au-delà de nos divergences de valeurs, d’idées et d’idéaux ;
  • L’acceptation du bien au service du désintéressement, et non de l’égoïsme, de la prédation ou de l’opportunisme ;
  • L’acceptation du fait que ce n’est pas parce que les choses sont bonnes que nous les désirons, mais parce que nous les aimons qu’elles deviennent bonnes.

Ces dix formes d’acceptation constituent, dans leur globalité, une véritable leçon de vie et d’élévation intérieure pour qui sait en saisir la profondeur.

Reconnaître la grandeur, le mérite et la compétence supérieure d’un homme n’est pas du messianisme ; c’est, au contraire, une forme lucide et intelligente d’acceptation de ce qui est.

Accepter ce qui nous traverse, car, comme le disait Hegel : « Nous sommes traversés par l’histoire. »

Comprendre enfin que le monde obéit au principe de réciprocité : ni une goutte de bonté ni un grain de méchanceté ne restent sans réponse.

Ainsi, pouvons-nous dire à PASTEF Les Patriotes et à son leader Ousmane Sonko qu’il ne faut craindre ni trahisons, ni complots, ni manœuvres obscures : Dieu demeure le plus grand bouclier contre les conspirateurs.

Ajaa Maryeem Diop
Ingénieur
Chef de projet planification ligne 17N – Grand Paris Express
Cadre de PASTEF
MONCAP Diaspora

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *