Dakar, 24 sept. (VIBRACTU) – Le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a appelé jeudi à New York à une refondation du multilatéralisme, estimant que le monde traverse une « crise de confiance » qui touche à la fois les États, les institutions internationales et le respect du droit international.
Prenant la parole devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le chef de l’État sénégalais a plaidé pour une Organisation des Nations unies « plus forte, plus représentative et plus efficace », face à la multiplication des conflits et aux défis liés au climat, aux inégalités, aux crises sanitaires et au terrorisme.
Sur la situation au Moyen-Orient, Bassirou Diomaye Faye a dénoncé les souffrances à Gaza et dans les territoires palestiniens occupés, appelant à l’arrêt des violences et réaffirmant l’attachement du Sénégal à une solution à deux États, avec une Palestine ayant Jérusalem-Est pour capitale et un Israël vivant à ses côtés dans des frontières sûres et internationalement reconnues.
En sa qualité de président en exercice de la CEDEAO, il a également insisté sur la nécessité d’une réponse collective au terrorisme au Sahel. « Le Sahel ne doit pas être abandonné à son triste sort », a-t-il déclaré, en appelant à une coopération renforcée entre les États africains, l’Union africaine et les Nations unies.
Le président sénégalais a par ailleurs défendu une réforme de l’architecture financière internationale, un traitement soutenable de la dette, une fiscalité mondiale plus équitable et un meilleur accès aux financements concessionnels. Il a également mis en avant les opportunités offertes par l’intelligence artificielle, le numérique et l’espace, citant le lancement du premier satellite sénégalais.
Le Sénégal candidat au Conseil de sécurité
Bassirou Diomaye Faye a annoncé la candidature du Sénégal à un siège de membre non permanent du Conseil de sécurité pour la période 2032-2033. Il a dénoncé le statu quo dans la réforme de cet organe, estimant que sa composition actuelle ne reflète pas les réalités du monde contemporain.
Le chef de l’État a également profité de son intervention pour renouveler publiquement le soutien de Dakar à la candidature de son prédécesseur, Macky Sall, au poste de secrétaire général des Nations unies.
Présentant l’ancien président comme un « leadership expérimenté », Bassirou Diomaye Faye a appelé les États membres à soutenir sa candidature. Il a également mis en avant la nécessité d’une meilleure représentation de l’Afrique dans la gouvernance mondiale.
Cette défense intervient alors que la succession d’António Guterres constitue l’un des principaux enjeux diplomatiques de la période. Interrogé le même jour par RFI et France 24, le président Faye a déclaré ne pas partager les analyses pessimistes sur les chances de Macky Sall, rappelant que la décision finale dépendra notamment de la position des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.
Les JOJ comme symbole de paix
En conclusion de son discours, Bassirou Diomaye Faye a présenté les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 comme une illustration de la vision sénégalaise d’un monde fondé sur le dialogue, la coopération et la fraternité.
Prévus du 31 octobre au 13 novembre, les JOJ doivent réunir au Sénégal quelque 2.700 jeunes athlètes issus de 206 comités nationaux olympiques.
Invitant les États membres à participer à la cérémonie d’ouverture le 31 octobre, le président sénégalais a établi un parallèle entre l’idéal olympique et celui des Nations unies : transformer les différences en force, la diversité en richesse et la communauté humaine en fondement de la paix.
Boubacar Kambel DIENG
BKD


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