Fonds d’appui à la presse : le CDEPS et l’APPEL dénoncent un processus précipité et interpellent le ministre Alioune Sall

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Dakar, 12 mars 2026 (VIBRACTU) – Les organisations patronales de la presse haussent le ton. Dans une lettre adressée au ministre de la Communication, Alioune Sall, le Conseil des Diffuseurs et Éditeurs de Presse du Sénégal et l’Association des Éditeurs et Professionnels de la Presse en Ligne dénoncent plusieurs dysfonctionnements dans le processus d’attribution du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP).

Les deux organisations pointent d’abord le délai jugé trop court pour le dépôt physique des dossiers. Selon elles, la période fixée (trois jours seulement, comprenant le jour férié de Noël et un week-end) ne permet pas aux entreprises de presse de réunir correctement certaines pièces administratives indispensables, notamment le quitus fiscal ou les attestations de l’IPRES et de la CSS. Elles demandent ainsi une prolongation du délai afin de garantir l’égalité de traitement entre les différents médias candidats.

Le CDEPS et l’APPEL s’inquiètent également du calendrier retenu pour les travaux du Conseil de gestion du FADP. L’examen de plus d’une centaine de dossiers en deux séances de quelques heures leur semble difficilement compatible avec l’exigence d’une analyse sérieuse et approfondie. Les deux organisations estiment que ce rythme risque de compromettre la qualité des délibérations et l’équité dans l’attribution des subventions.

Au-delà des aspects pratiques, les organisations patronales évoquent aussi un point juridique. Elles rappellent que l’arrêt n°71 rendu le 11 décembre par la Chambre administrative de la Cour suprême pourrait remettre en cause la base légale du processus actuel de sélection des entreprises bénéficiaires. Elles appellent donc au respect strict de cette décision de justice et à une clarification des nouvelles règles d’attribution du fonds.

Face à cette situation, le CDEPS et l’APPEL formulent trois requêtes principales : la prolongation du délai de dépôt des dossiers, le réaménagement du calendrier du Conseil de gestion et l’application de l’arrêt de la Cour suprême. Selon elles, une procédure menée dans la précipitation pourrait fragiliser la crédibilité du Fonds d’appui à la presse et mettre en difficulté plusieurs entreprises du secteur, pour lesquelles ce soutien demeure essentiel.

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