(Interview ) – Dr Isaac Sissokho de Diomaye Président : « Les 900 jours doivent servir à mettre le Sénégal sur la bonne route »

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Dakar, Mars 2026 (VIBRACTU) – Secrétaire général du parti Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP/YEMALE) et membre de la coalition Diomaye Président, le Dr Isaac Sissokho revient sur les priorités routières évoquées par le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye lors du Conseil des ministres du 11 mars 2026. Pour lui, les 900 jours à venir doivent permettre d’engager une transformation durable des infrastructures et de la sécurité routière au Sénégal.

Vibractu : Lors du dernier Conseil des ministres, le président Bassirou Diomaye Faye a insisté sur l’accélération des programmes routiers. Pourquoi cette priorité vous paraît-elle si importante ?

Dr Isaac Sissokho : Parce que la route est au cœur de la vie économique et sociale. Chaque année, plus de 500 Sénégalais perdent la vie dans des accidents de la circulation. C’est une tragédie silencieuse. Mais au-delà du drame humain, l’état des routes et l’organisation du transport conditionnent aussi la compétitivité de notre économie. Quand les produits agricoles mettent trop de temps à rejoindre les marchés, quand les régions restent enclavées, c’est tout le pays qui ralentit. La décision du président Bassirou Diomaye Faye de faire des infrastructures routières une priorité nationale est donc un signal très fort.

Vous évoquez souvent une vision qui va jusqu’en 2050. Pourquoi penser aussi loin ?

Un pays ne se construit pas sur un horizon électoral. Il se construit sur plusieurs décennies. D’ici 2050, la population sénégalaise va fortement augmenter et l’urbanisation va s’accélérer. Dakar ne sera plus la seule grande métropole : plusieurs pôles régionaux vont émerger. Si nous ne préparons pas dès aujourd’hui les axes routiers qui relieront ces territoires, nous risquons de freiner notre propre développement. La vision du président consiste justement à anticiper ces mutations. Il ne s’agit pas seulement de réparer des routes, mais de bâtir un réseau capable de soutenir l’économie de demain.

Vous avez aussi dénoncé la vétusté du parc automobile et les failles du système de contrôle.

Oui, c’est un sujet essentiel. Trop de véhicules circulent dans des conditions dangereuses. Certains transports publics roulent sans contrôle technique sérieux. Cela met en danger les passagers, mais aussi les autres usagers de la route. Nous devons sortir de cette logique où le contrôle technique devient une simple formalité administrative. Il doit devenir un véritable instrument de sécurité. Cela passe par la modernisation du système, notamment sa dématérialisation, pour limiter les fraudes et renforcer la traçabilité.

Vous défendez également l’idée d’un permis à points.

Absolument. C’est un mécanisme qui a fait ses preuves dans de nombreux pays. L’objectif n’est pas de punir les conducteurs, mais de responsabiliser chacun. La sécurité routière repose d’abord sur le comportement humain. Si un conducteur sait que chaque infraction peut entraîner une perte de points et éventuellement la suspension de son permis, il sera naturellement plus prudent. C’est un outil de prévention très efficace.

Vous insistez beaucoup sur le rôle du numérique dans la modernisation du réseau routier.

Le numérique est un formidable accélérateur de développement. Le Sénégal dispose déjà d’infrastructures solides, notamment en fibre optique. Nous devons maintenant utiliser ces capacités pour moderniser la gestion de nos routes. Par exemple, des capteurs peuvent détecter les dégradations des chaussées ou signaler des incidents en temps réel. Des systèmes d’alerte peuvent prévenir les conducteurs des dangers. C’est ce qu’on appelle les routes intelligentes. Cette approche permettrait d’améliorer la sécurité et d’optimiser l’entretien des infrastructures.

Vous évoquez aussi la question de la corruption dans le secteur des transports.

C’est un problème qu’il faut regarder en face. Les pratiques de corruption affaiblissent les politiques publiques et pèsent sur l’économie. Dans certains cas, elles mettent même des vies en danger. La solution passe par la transparence et la digitalisation des procédures. Lorsque les démarches administratives sont entièrement dématérialisées, les marges de manipulation diminuent fortement. Le numérique devient alors un allié puissant dans la lutte contre ces pratiques.

Vous parlez d’une échéance de 900 jours. Que représente ce délai ?

C’est un rappel de l’urgence. Le mandat présidentiel avance vite et certaines décisions doivent être prises rapidement. Il faut finaliser le schéma routier national, moderniser les dispositifs de contrôle et lancer les projets structurants. Les 900 jours qui viennent doivent servir à poser des bases solides pour les décennies à venir. L’objectif est simple : permettre à tout le Sénégal d’avancer, dans tous les sens du terme. Les routes ne sont pas seulement des infrastructures. Elles sont le symbole d’une nation qui progresse et qui relie ses territoires, ses citoyens et ses opportunités.

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