(LA CHRONIQUE DE BKD) – Enquêtes parlementaires : « Un étudiant, un ordinateur » ne doit pas faire oublier ASER, Jamm Casamance et Kosmos

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Dakar, 10 oct. 2026 (VIBRACTU) – Le Sénégal n’a pas seulement besoin d’enquêtes parlementaires. Il a besoin d’enquêtes rigoureuses, équilibrées et capables de faire la lumière sur tous les dossiers sensibles, sans distinction de responsables ni de couleur politique.

L’affaire « Un étudiant, un ordinateur » retient aujourd’hui l’attention avec des interrogations sur des milliards de francs CFA, les procédures de passation des marchés et les pièces justificatives. L’ouverture de cette enquête est une bonne chose. Mais pourquoi ne pas donner la même importance aux autres dossiers qui préoccupent les Sénégalais ?

Dans sa Une de ce samedi 10 octobre 2026, La Voix+ remet sur la table trois affaires : l’ASER et les interrogations autour du projet d’électrification rurale, le Fonds Jamm et les dépenses contestées par des acteurs politiques, ainsi que le dossier Kosmos Energy et les conséquences financières potentielles de son retrait du bloc gazier Yakaar-Teranga. Ces affaires, de nature différente, nécessitent des éclaircissements fondés sur des documents et des conclusions vérifiables.

Faut-il y voir une stratégie de diversion ? Rien ne permet de l’affirmer sans preuves. Mais la question de la hiérarchisation des priorités mérite d’être posée. Le Parlement peut-il organiser son travail pour que plusieurs dossiers importants soient examinés en parallèle ?

Autre enjeu : l’expertise des députés. Comme le souligne l’enseignant-chercheur Aboubacry Sokomo, les procédures de marchés publics et les règles des bailleurs exigent des compétences techniques. Des experts indépendants pourraient aider les commissions à confronter les témoignages aux contrats, factures et preuves de paiement.

La médiatisation excessive présente également des risques. Une audition n’est pas un jugement. Nul ne doit être condamné dans l’opinion avant la vérification des faits.

Le Sénégal a besoin d’un nouveau type de responsable public : rigoureux, transparent et prêt à justifier chaque franc CFA dépensé.

Les investigations doivent aussi pouvoir concerner les anciens dirigeants, y compris le dernier directeur général limogé par le président Bassirou Diomaye Faye, lorsque les faits le justifient.

L’argent public appartient au peuple. Aucun dossier ne doit être oublié, aucune responsabilité ne doit être protégée et aucune culpabilité ne doit être proclamée sans preuves.

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