Dakar, 16 oct. 2026 (VIBRACTU) – Il est parti de Thiemping, un petit village niché aux fins fond du Fouta, dans le Dandé Mayo, à quelques kilomètres de Kanel, pour gravir, étape après étape, les échelons du journalisme sénégalais. Aujourd’hui, Abdoulaye Boubou Thiam, plus connu sous le nom d’Abdoulaye Thiam, accède à la cogérance de Sud SARL, la société éditrice de Sud Quotidien et actionnaire majoritaire de Sen Radio, qui diffuse Sud FM. Rien ne le prédestinait forcément à une telle responsabilité. Mais son parcours raconte l’histoire d’un homme qui a cru en ses capacités, travaillé pour ses ambitions et su saisir les occasions de progresser.
Thiemping est aussi le village d’origine de Mamadou Niang, ancien international sénégalais et ex-attaquant de l’Olympique de Marseille. C’est de cette localité éloignée des grands centres de décision que le jeune Abdoulaye prend son envol. Après ses études à Saint-Louis, il rejoint Dakar, avec la volonté de se faire une place dans le monde professionnel. Son histoire avec Sud Communication commence modestement, comme celle de nombreux jeunes journalistes : d’abord stagiaire, puis pigiste, avant de devenir membre de la rédaction.
Mais Abdoulaye Thiam ne se contente pas de cette première expérience. Il gravit progressivement les échelons au sein de la maison. Journaliste au Desk Sport, il en devient le chef, avant d’occuper les fonctions de chef d’édition, de rédacteur en chef et de directeur de publication de Sud Quotidien. Sa nomination comme cogérant de Sud SARL vient ainsi couronner un parcours marqué par une connaissance approfondie de l’entreprise et de ses métiers.
Cette ascension n’est pas seulement celle d’un journaliste qui change de titre. Elle est aussi celle d’un professionnel qui a appris à écrire, à organiser une rédaction, à coordonner des équipes et à assumer des responsabilités éditoriales. À chaque étape, il a pu mesurer les exigences du métier, les contraintes de la production de l’information et les difficultés auxquelles une entreprise de presse doit faire face.
Réduire Abdoulaye Thiam à un journaliste sportif serait toutefois réducteur. Certes, le sport demeure son domaine de prédilection. Mais il intervient également dans des chroniques, des commentaires et des analyses sur d’autres sujets, notamment politiques. Cette ouverture témoigne d’un intérêt plus large pour les questions qui traversent la société sénégalaise.
Journaliste respecté par de nombreux acteurs de son milieu, il a aussi su entretenir des relations avec des personnalités reconnues du journalisme, du sport et des institutions. Parmi les figures qui ont marqué son parcours et son environnement professionnel, on peut citer feu Babacar Touré, gérant statutaire de Sud et l’un des grands noms de la presse sénégalaise. Son expérience et son héritage constituent des références importantes pour celui qui est aujourd’hui appelé à contribuer à l’avenir du groupe.
Diagna Ndiaye, président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS) et membre du Comité international olympique (CIO), figure également parmi les personnalités dont Abdoulaye Thiam a pu bénéficier de l’expérience et des conseils. Maître Augustin Senghor, ancien président de la Fédération sénégalaise de football, membre de la Confédération africaine de football (CAF) et de la Fédération internationale de football association (FIFA), ainsi que de l’organisation des villes olympiques, compte aussi parmi les personnalités de référence de son environnement.
Sans occulter feu Lamine Diack, l’ancien ministre des Sports Matar Bâ, Mame Boye Diao, l’ex-premier ministre Amadou Bâ, entre autres.
Ces rencontres et ces relations illustrent l’étendue de son réseau, construit au fil de ses engagements dans la presse et le sport.
Son investissement dans les organisations professionnelles confirme cette volonté d’aller au-delà de la rédaction. Abdoulaye Thiam a dirigé la Convention des jeunes reporters du Sénégal en tant que Secrétaire Général. Il est actuellement président de l’Association nationale de la presse sportive (ANPS), président de l’AIPS Afrique, la section africaine de l’Association internationale de la presse sportive, et vice-président de l’AIPS Monde. Autant de responsabilités qui l’ont conduit à défendre les intérêts de sa profession et à porter la voix du journalisme sportif sénégalais au-delà des frontières nationales.
Sa nomination à la cogérance de Sud SARL intervient toutefois dans un contexte délicat. Quelques années après le décès de Babacar Touré, la société doit ouvrir une nouvelle page de son histoire. L’Assemblée générale extraordinaire des associés a confié aux cogérants la mission de conduire la restructuration du groupe conformément à une feuille de route définie collectivement.
Le défi est immense. Il ne suffit pas de connaître le journalisme pour diriger une entreprise de presse. Il faut également maîtriser les dépenses, développer les recettes, rechercher de nouveaux marchés et adapter les activités aux transformations du secteur. La presse écrite doit faire face à la concurrence du numérique, à l’évolution des habitudes des lecteurs et aux difficultés économiques qui fragilisent de nombreux médias.
Abdoulaye Thiam devra donc contribuer à redresser la situation de Sud SARL tout en préservant la qualité de l’information, l’indépendance éditoriale et la confiance du public. Il lui faudra aussi travailler en bonne intelligence avec l’autre cogérant, mobiliser les équipes et maintenir un dialogue interne permettant aux salariés de se projeter dans l’avenir.
L’autre grande responsabilité sera de préserver l’héritage de Babacar Touré et de ses camarades, les pères fondateurs du groupe. Cela ne signifie pas vivre dans le passé, mais conserver les valeurs qui ont fait la réputation de Sud tout en modernisant ses méthodes et ses supports.
De Thiemping aux responsabilités de la direction, Abdoulaye Thiam a démontré qu’un parcours peut se construire par le travail, la persévérance et l’ambition. Mais cette nouvelle fonction constitue une épreuve différente de toutes celles qu’il a connues jusque-là. Son expérience et sa connaissance de la maison sont des atouts. La réussite se mesurera désormais aux résultats obtenus, à la capacité de redonner des perspectives au groupe et à l’héritage qu’il contribuera à transmettre aux générations futures.
Le jeune stagiaire devenu directeur de publication puis cogérant arrive ainsi à un tournant de sa carrière. Il a gravi les échelons ; il lui appartient maintenant de démontrer qu’il peut contribuer à faire franchir un nouveau cap à l’institution qui l’a vu grandir.
BKD…


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