Dakar, 16 oct. 2026 (VIBRACTU) – Le bras de fer entre la direction de la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS) et les représentants des travailleurs prend une nouvelle tournure. Le journaliste et syndicaliste Alioune Badara Kane serait privé d’antenne à la télévision nationale après son intervention sur Radio France internationale (RFI), au cours de laquelle il a dénoncé les conditions salariales et professionnelles des agents du média public.
Dans cette interview, Alioune Badara Kane a notamment pointé du doigt la suspension de l’accord d’entreprise conclu avec les travailleurs. Selon lui, les salaires restent calculés sur la base du coût de la vie de 2005, alors que les conditions économiques ont considérablement évolué.
Le syndicaliste rappelle qu’un nouvel accord d’entreprise, négocié pour améliorer la situation des agents, était entré en application en 2024. Toutefois, déplore-t-il, les travailleurs n’en auraient bénéficié que pendant deux mois avant sa suspension par le directeur général de la RTS, Pape Alé Niang. Une suspension de 300 jours que les représentants du personnel assimilent, dans les faits, à une annulation de l’accord.
Cette nouvelle controverse intervient dans un contexte social particulièrement tendu. Un préavis de grève a été déposé pour la période du 31 octobre au 2 novembre 2026, qui coïncide avec le lancement des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Les travailleurs menacent ainsi de perturber la couverture médiatique de cet événement historique, organisé pour la première fois sur le continent africain.
Dans une affiche dénonçant le traitement réservé à Alioune Badara Kane, ses auteurs accusent la direction de la RTS de s’en prendre aux syndicalistes et affirment que « le syndicalisme est criminalisé » au sein de l’entreprise.
Alioune Badara Kane assure que toutes les autorités compétentes ont été saisies, après l’épuisement des voies de recours engagées par les travailleurs. La situation place désormais la direction de la RTS face à un double défi : désamorcer la crise sociale et préserver la couverture médiatique des JOJ.


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