Assez de ce piteux scénario au goût âcre inqualifiable et indigeste. L’effondrement des valeurs, la chute drastique du pic de motivation et de l’estime de sa boîte ne font plus l’ombre du doute. Je libère ma conscience, élève ma voix et écris sur un malaise qui fend des valvules.
Ce qui se passe à la télévision nationale et ses démembrements ne vous choque pas ? Les ressources humaines demeurent une composante extrêmement importante pour l’essor d’une entreprise. Existe t-il de recettes miracles pour ce mammouth qui est embourbé ? Sauver la RTS n’est plus un impératif de gestion, mais, garroter une hémorragie, un désastre psychoaffectif, un drame professionnel à résoudre au plus vite.
Pourquoi cet acharnement Pape Alé ?
Le peuple ne quémande pas de clémence mais demande que ton char s’arrête et se vide de ses obus. Les graffitis et autres nouvelles fresques peints sur les murs du « Triangle Sud » ne panseront jamais les plaies béantes, n’embellisseront guère les stigmates causés par cette crise qui perdure.
Je te connaissais souriant et aimable. Tu sais pertinemment que nous avons contribué, ensemble à Dakar, comme dans les régions, à ce que la presse, notre métier et ses professionnels restent paisibles, debout et respectés.
Depuis très longtemps, ton sevrage de sourire fait jaser et manque au peuple.Le pays interloqué par une crispation et un dialogue de sourd souhaite un accord synonyme de soulagement, de dénouement heureux.
Nous avons blanchi sous le harnais, mais franchement cette crise qui s’enlise doit terminer. Rien ne vaut ce duel à mort entre toi, DG de la RTS1 Sénégal et les sympathiques confrères de ce service public. Avec tout le respect que l’on se vouait, tu deviens méconnaissable. Pape, ne soit pas irréfléchi, va-ten-guerre car trop c’est TROP.
L’adorable copain reporter d’hier avec ses brins d’humour et ses plongeons vers la « Bombe du Fouladou » est devenu vipèreux, mélancolique, visage tigré et contextuellement colérique.
Cette autorité sinique, sadique qui ridiculise la productivité et fait zapper dès que ton visage apparaît sur le petit écran est déjà regrettable. Où est ton sourire Pape ? Pourquoi se faire des ennemis au quotidien dans ce monde finissant et en perpétuelle décadence ?
La resipiscence est une attitude des hommes forts.
Je suis outré de ce silence des décideurs, des médiateurs las et des bonnes volontés, tous incompris, dégoûtés par un jeu de cache-cache évolutif qui n’honore ni tes promotionnaires de l’ISSIC, ni de tes camarades du CESTI. Certains parents et admirateurs des années 2000 à maintenant sont tout aussi gênés par ton pilonnement incessant et surprenant.
Sans Filtre, tout le monde est gêné
Et pourtant, pourtant (…)
Ta manière polémique, le statuquo, tes pratiques autoritaires, tes orientations au sein de ton organisation médiatique sont décriés.
Cette station qui devait être un havre de paix s’est muté en espace de haine, de terrain miné, d’un service en détresse et de conflits chroniques entre les syndicats et leur patron.
J’ose espérer que tu seras capable de changer cela, fais-le, de grâce et les JOJ, les familles des agents puis nos neurones s’en porteront que mieux.
Ta méthode stalinienne est d’une autre époque. Ton « made in use » répressif mis en place rappelle en partie, à celui de Joseph Staline en Union soviétique (URSS) entre 1929 et 1953. Tu connais la fin et l’histoire de cet homme politique ?
Le Management arrogant et l’habitus totalitaire entache un cheminement. Dégrader des mérites, humilier des noblesses, sanctionner négativement sans scrupules des professionnels qui ne demandent que leur acquis, leur dû, ne te grandira jamais.
Les frères et soeurs comme Alioune Badara Kane, honni, du grade de Rédacteur en Chef ne mérite pas, très sincèrement, cette déconvenue et ingrate note de service.
D’abord pour les performances, pour les services rendus dans les aubes de gloire, pour les sommeils écourtés, pour les constants efforts, pour le médium, pour la nation, pour le JT et l’émission matinale TV Kinkeliba, je confesse tu ne devrais pas en arriver là ?
Ces confrères journalistes mis au frigo, à l’écart, ces dignes syndicalistes affectés, dégradés, oubliés, débarqués, déchargés méritent-ils pas ces balafres d’un confrère ?
L’intolérance à la critique n’est pas manageriale, le sectarisme, l’intimidation, la dégradation ou l’exclusion des voix dissonantes n’est pas un refuge éternel.
Au demeurant, notre liquide rouge plasmatique, nous excite, nous alerte et saccade par dire qu’: « On nous tue, on ne nous déshonore pas ».
Cette devise te rappelle aussi que « Yang-Yang », « Cabrousse » « Niani » « la Place Protet » héroïques fiefs noircis de combattants et de pancartes avaient dit Non, quand il l’a fallu.
Donc Pape, il faut trouver des solutions pour ce navire qui coule par des actes et arguments plus professionnels, plus durables, plus honorables et humanistes.
L’Afrique berceau de l’humanité a survécu des affres par le dialogue qui n’est pas un simple slogan, notre pays aussi. Enterre la hache de terre et prend ce couteau suisse qui peut mener au sourire et à une poignée de main sincère.
Cet objectif reste possible et ceci va redorer un label RTS sérieusement affecté et redonner l’espoir à une communauté désespérée.
Hâte, in fine, d’un dénouement au facteur X responsable et conciable, sinon, tu vas descendre de la table et reprendre ton tabouret.
Mamadou Aïcha Ndiaye
Journaliste


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