Dakar, 1er nov. 2026 (VIBRACTU) – Saint-Louis renoue avec son destin de grande cité internationale. Plus de trois siècles après avoir marqué l’histoire politique, économique et culturelle de l’Afrique de l’Ouest, l’ancienne capitale du Sénégal vient de s’offrir une nouvelle consécration sur la scène mondiale.
La ville tricentenaire a été élue au Conseil d’administration de l’Organisation des villes du patrimoine mondial (OVPM), à l’occasion du 18e Congrès mondial de l’institution, tenu récemment à Marrakech, au Maroc.
Une victoire historique qui fait de Saint-Louis l’unique représentante africaine au sein de cette instance dirigeante.
Cette distinction n’est pas le fruit du hasard. Elle est aussi le résultat d’un travail de plaidoyer conduit sur place par le maire de Saint-Louis, Mansour Faye. Présent à Marrakech, l’édile a personnellement défendu le dossier de sa ville devant les représentants des cités membres de l’organisation.
À travers ses interventions et son engagement, il a porté l’ambition de Saint-Louis de retrouver une place de premier plan dans le réseau international des villes historiques. Le résultat est d’autant plus remarquable que Marrakech, ville hôte du congrès, avait également présenté sa candidature, sans parvenir à obtenir le siège convoité.
Avec cette élection, Saint-Louis intègre un Conseil d’administration composé de dix villes et devient le seul membre africain de cette instance. Elle aura ainsi la responsabilité de porter la voix du continent dans les décisions concernant la préservation, la valorisation et la gestion durable des villes inscrites au patrimoine mondial.
Une position stratégique qui lui permettra également de participer aux réflexions sur les grandes orientations de l’OVPM, notamment sa stratégie 2027-2030.
Mais cette victoire prend tout son sens lorsqu’on se rappelle le passé exceptionnel de Saint-Louis. Fondée au 17e siècle, en 1659, sur une île située à l’embouchure du fleuve Sénégal, la ville a longtemps été un carrefour majeur du commerce, de la navigation et des échanges entre l’Afrique, l’Europe et le monde atlantique.
Première capitale de la colonie du Sénégal, elle fut également la capitale de l’Afrique-Occidentale française (AOF) avant le transfert progressif des fonctions administratives vers Dakar.
Saint-Louis a ainsi joué un rôle central dans l’histoire politique et administrative de l’Afrique occidentale. Elle a vu naître ou évoluer des générations de figures politiques, intellectuelles et culturelles. Son architecture, ses maisons à balcons, ses façades colorées, ses rues chargées de mémoire et son célèbre pont Faidherbe témoignent encore de cette histoire singulière.
En 2000, l’île de Saint-Louis a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, consacrant sa valeur universelle exceptionnelle.
Cette nouvelle responsabilité internationale intervient toutefois dans un contexte de défis importants. Entre l’érosion côtière, la montée des eaux, les changements climatiques et la nécessité de restaurer un patrimoine architectural parfois fragilisé, Saint-Louis doit relever de nombreux défis pour préserver son identité.
Son entrée au Conseil d’administration de l’OVPM représente donc une opportunité supplémentaire de nouer des partenariats, de mobiliser des expertises et de défendre les intérêts des villes historiques africaines.
En retrouvant une place dans les grandes instances internationales, après près de vingt ans d’absence de l’organisation, Saint-Louis ne célèbre pas seulement une victoire municipale. Elle rappelle au monde qu’elle fut, et demeure, l’une des grandes capitales historiques et culturelles du continent.
La vieille dame du fleuve Sénégal retrouve ainsi une voix à la hauteur de son histoire et de son ambition.
Boubacar Kambel Dieng


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