Dakar, 30 juin 2026 (VIBRACTU) – La suppression de plusieurs agences béninoises opérant dans les secteurs culturel et touristique par le président Romuald Wadagni constitue la phase opérationnelle du Plan stratégique de développement 2025-2029 du Bénin pour le tourisme, la culture et les arts. Doté d’une enveloppe prévisionnelle de 797,17 milliards de FCFA, ce plan représente 27 fois le budget 2026 alloué par le Sénégal au même secteur, soit 28,916 milliards de FCFA.
L’analyse de ce plan révèle une hiérarchisation claire des priorités. Son Axe 1, intitulé « Modernisation et régulation du fonctionnement du ministère », fait de la rationalisation administrative une condition essentielle à l’allocation des ressources. Autrement dit : on réduit les doublons, on simplifie les structures, on met de l’ordre avant d’investir.
Cette orientation traduit un changement de vision. À Cotonou, la culture et le tourisme ne sont plus seulement vus comme des éléments identitaires ou patrimoniaux, mais comme une véritable industrie culturelle et créative, au sens de l’UNESCO, donc comme un levier de souveraineté économique.
Appliqué au contexte sénégalais, cet exemple invite à dépasser ce que j’ai appelé « l’imbroglio culturel » : une accumulation de structures, de missions et de guichets qui freine l’efficacité. L’enjeu est double : réformer en simplifiant, et reconstruire avec une vision claire.
Cette refondation doit être globale. Le Sénégal peut aller plus loin en repensant le financement du secteur. Il s’agit de passer d’une logique de subvention, souvent assimilée à de l’assistanat, à une logique de financement de projets structurants, fondée sur la rentabilité, l’impact et l’investissement productif.
Ce changement est profond. Il suppose de ne plus considérer les acteurs culturels comme occupant des « bullshit jobs » (Graeber), mais comme de véritables créateurs de valeur au sein de l’économie créative.
EL Hadji Omar MASSALY
Entrepreneur culturel


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