Dakar, 5 oct. 2026 (VIBRACTU) – À moins d’un mois de l’ouverture des Jeux olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026, la ministre sénégalaise de la Jeunesse et des Sports, Djirèye Clotilde Coly, assure que le Sénégal est prêt à accueillir ce rendez-vous sportif international, tout en défendant les dépenses engagées au regard de l’héritage attendu.
Invitée ce lundi du « Grand Invité Afrique » de RFI, la ministre répondait aux questions de Carine Frenk après sa participation, le 30 septembre à l’UNESCO, à une rencontre organisée par la Délégation permanente du Sénégal auprès de l’organisation, en partenariat avec la Grèce et l’UNESCO. La rencontre portait sur le rôle de la jeunesse dans la construction d’une paix durable à travers les JOJ.
Prévus du 31 octobre au 13 novembre, ces Jeux seront le premier événement olympique organisé en Afrique. Quelque 2 700 athlètes âgés de 15 à 17 ans sont attendus à Dakar.
« Le Sénégal est prêt »
Interrogée sur l’état de préparation du pays, la ministre s’est voulue rassurante. « Je confirme, le Sénégal est prêt à accueillir ces Jeux Olympiques de la jeunesse », a-t-elle déclaré, précisant que les volets infrastructures, sécurité et tests ont été pris en charge.
Concernant les travaux encore visibles autour de la piscine olympique et certaines routes, elle assure que « tous les sujets ont été pris en charge » et que tout sera finalisé avant les Jeux.
104 milliards FCFA : « C’est plutôt en termes d’héritage »
Le coût global prévisionnel des JOJ est estimé à 104 milliards de francs CFA, soit plus de 150 millions d’euros. Face aux interrogations sur l’opportunité de cette dépense dans un contexte marqué par le chômage et la vie chère, Djirèye Clotilde Coly défend un investissement à long terme.
« Un événement de ce genre ne doit pas être réfléchi en termes de retour sur investissement automatique et immédiat. C’est plutôt en termes d’héritage », explique-t-elle.
Elle cite notamment les infrastructures sportives, présentées comme des actifs durables, mais aussi l’acquisition de compétences et la participation des entreprises sénégalaises.
La ministre met également en avant les retombées pour la jeunesse : 6 000 volontaires formés, des programmes consacrés à la citoyenneté et à l’environnement, ainsi que les « brevets olympiques civiques et sportifs », qui auraient permis de former plus de 900 000 jeunes dans des milliers d’écoles.
Les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et des services devraient aussi bénéficier de l’événement. Selon elle, les JOJ contribueront à développer « toute une économie du sport » et à renforcer la capacité du Sénégal à accueillir de grands événements internationaux.
Une cérémonie d’ouverture « très belle »
Sur la cérémonie d’ouverture, la ministre promet « une très très belle cérémonie ». Elle rappelle que le président Bassirou Diomaye Faye a invité les chefs d’État et les États membres des Nations unies à participer aux Jeux.
Sans donner de chiffre précis, elle affirme : « Nous attendons du beau monde à ces JOJ. »
Interrogée sur une éventuelle invitation de l’ancien président Macky Sall, elle a rappelé que les invitations relèvent des prérogatives du chef de l’État, préférant insister sur « la réussite de ces jeux » et l’accueil réservé aux délégations et au peuple sénégalais.
135 athlètes sénégalais et 750 000 billets
Sur le plan sportif, le Sénégal sera représenté par 135 athlètes. La ministre affirme qu’ils ont été préparés et qu’ils sont motivés pour décrocher des médailles, sans toutefois fixer d’objectif chiffré.
Côté public, 750 000 billets sont annoncés à la vente, avec des prix compris entre 1 000 et 5 000 francs CFA. La ministre dit faire « le pari du succès populaire », notamment grâce à la tournée de la flamme olympique dans les différentes régions du pays.
CAN de football : « Le tribunal tranchera »
Enfin, interrogée sur le dossier opposant le Sénégal au Maroc devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) concernant le trophée de la CAN, Djirèye Clotilde Coly s’en remet à la décision de la juridiction.
« Le tribunal tranchera », a-t-elle déclaré, assurant que le Sénégal a « bien préparé son dossier ». « Je n’ai à ce stade ni doute ni peur. Nous attendons la décision du tribunal », a-t-elle ajouté.
À moins d’un mois du coup d’envoi, la ministre présente ainsi Dakar 2026 comme un rendez-vous sportif majeur, mais aussi comme un investissement destiné à produire un héritage matériel, humain, économique et sportif au bénéfice de la jeunesse sénégalaise.
Boubacar Kambel Dieng


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